Rencontre avec Marie Marchal : Les coulisses du prix Hors Concours

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Il y a les gens qui râlent (sur l’uniformité « GalliGrasSeuil » des prix littéraires français de cette année, cela va sans dire). Et puis il y a ceux qui agissent pour élargir les horizons et dynamiser le paysage parfois un peu convenu des prix littéraires. Hors Concours, par exemple, prix littéraire dédié à l’édition indépendante est né cette année. Sélection qualitative, outils de communication soignés, éditeurs éclectiques : Hors Concours allie forme et fond avec élégance et intelligence.  Rencontre avec Marie Marchal, coordinatrice éditoriale. 

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Comment l’idée de Hors Concours est-elle née ?

L’idée du concours est née d’une évidence : pourquoi n’y a-t-il pas de prix dédié à l’édition indépendante ? Comment expliquer que, même à une période de l’année où les yeux sont braqués sur le livre et son actualité, on entende si peu parler des « petits » éditeurs ? Pourquoi entend-on toujours parler des mêmes dix grosses maisons d’édition traditionnelles qui tiennent le haut du pavé ? Il n’y a qu’à regarder les sélections du prix Goncourt des dix dernières années pour se rendre compte qu’il y a un réel souci de visibilité des éditeurs indépendants, notamment dans l’actualité des prix.

Nous avons créé avec Philippe Magnani une coopérative d’éditeurs indépendants : ÉDITindé. Nous avons rencontré Gaëlle Bohé, conseillère littéraire pour Livre Paris, qui a longtemps animé un réseau d’éditeurs indépendants à Paris. Ensemble on s’est dit qu’il ne servait à rien de se lamenter. Il fallait passer à l’action ! Une belle aventure commençait.

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Comment avez-vous sélectionné les maisons participantes ? 

Nous avons diffusé en avril un appel à participation. Les cinquante premiers inscrits dont les titres correspondaient aux critères arrêtés (oeuvre de fiction francophone, publiée en France et parue après mars 2015) ont été sélectionnés. Nous sommes restés ouverts à la surprise et avons accueilli des participations de maisons que nous ne connaissions pas : c’est tout le but de l’opération, sensibiliser les lecteurs que nous sommes tous au travail des acteurs du livre indépendant !

Nous réfléchissons d’ores et déjà à une modification des critères pour l’édition suivante, pourquoi pas l’ouverture aux maisons d’édition de la francophonie, car les éditeurs indépendants de Suisse et de Belgique ont répondu présent à ce premier appel.

cata_afvQuel est l’objectif de ce prix littéraire ? 

L’objectif de ce prix littéraire est unique : présenter et promouvoir l’édition indépendante auprès des acteurs de la profession, des médias et du grand public. Les moyens d’y parvenir sont multiples. Un premier jury a été composé de professionnels du livre ; ils ont chacun reçu un catalogue composé des 50 extraits des textes proposés, et ont fait ressortir leurs 8 auteurs favoris. Les 50 auteurs ont profité de la visibilité générée par l’actualité du prix sur les réseaux sociaux, dans les médias, l’association au réseau de lecteurs Babelio, etc. Un second jury, composé de 5 journalistes littéraires (Vincent Jaury, directeur de publication du mensuel culturel Transfuge ; Lauren Malka, conseillère littéraire pour l’émission littéraire de TF1, « Au fil de la nuit » ; Pierre Vavasseur, grand reporter pour le quotidien national Le Parisien-Aujourd’hui en France ; Catherine Fruchon-Toussaint, journaliste pour l’émission Littératures sans frontières sur RFI et Marie-Delphine Roux-Jean, rédactrice en chef du site littéraire, Babelio), vient tout juste de recevoir les 8 livres finalistes, et annoncera, le 9 novembre au Centre National du Livre, l’auteur lauréat.

Bien évidemment il n’y aura qu’un seul lauréat, c’est le principe d’un prix littéraire. Mais tous les éditeurs participants ont gagné, puisqu’ils ont touché l’ensemble de la profession, et on le sait : au moment des votes, nous avons reçu des dizaines de courriers émanant du jury professionnel félicitant les éditeurs en compétition et soulignant que des découvertes avaient été faites, et des commandes d’ores et déjà passées.

cata_murmureComment se finance cette démarche ?

Cette démarche est possible grâce à un grand nombre de partenaires qui, sensibles aux idées défendues, ont participé à l’effort collectif : papiers offerts par le Inapa, tarifs préférentiels de la part de l’agence de design graphique 34 studio, de l’imprimerie Laballery, du soutien de l’agence de communication Façon de Penser, et Gaëlle et moi qui travaillons sur le prix sur notre propre temps libre de façon bénévole. Financièrement, nous sommes soutenus par la Sofia que nous remercions, qui nous a permis de payer nos prestataires, ouf ! Et nous allons dans les prochains jours ouvrir une campagne d’adhésion à l’Académie Hors Concours, l’association qui porte le prix. La question du financement est toujours épineuse, mais n’est pas sans rappeler les difficultés que rencontrent tous les jours les éditeurs indépendants, pour la plupart obligés d’avoir un métier à côté de leur activité, le parallélisme prête à sourire !

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