Rencontre avec : Les Editions Aux Forges de Vulcain

Les Forges de Vulcain. Nous en parlons souvent, des éditions, de leurs publications, de leurs événements. Il nous semblait logique de vous faire découvrir l’envers de cette maison portée par un éditeur philosophe et gaffeur (ses #failsdujour sur Facebook sont un régal ) du nom de David Meulemans.

Je suis Editeur…parce que les livres restent l’outil le plus sûr pour changer le monde.

DAVID MEULEMANS (c) Rémy Deluze DIZAIN20Comment êtes-vous devenu éditeur ? 

J’étais prof de philo et je participais parfois à des projets de bouquins pour des éditeurs. Je finissais par apprendre toutes sortes de choses et, parallèlement, souvent, quand je refermais un roman, ou un essai, je me mettais à rêver de textes qui n’existaient pas. Je me suis dit que je devais donc devenir éditeur : j’avais des idées, et un début d’expérience. Bon, j’étais un peu fou et naïf. Mais cela a commencé comme cela.

je trouvais que la littérature générale se prenait trop au sérieux

Comment avez-vous défini la ligne éditoriale de votre maison ? 

9782919176816-280x398Je l’ai définie en opposition avec ce qui existait. Ce qui est un très bon moyen pour dessiner une ligne. Mais une très mauvaise stratégie pour la faire comprendre. En gros, je trouvais que la littérature générale se prenait trop au sérieux, et que les littératures de l’imaginaire étaient trop souvent tournées vers le divertissement pur. Alors que j’ai tendance à penser qu’un bon divertissement nous éloigne du monde… mais pour nous y ramener avec plus de force et de clarté. Je lisais des auteurs comme Ursula Leguin, qui sont inscrits dans les littératures de l’imaginaire, mais sont plus ambitieux, en termes intellectuels et littéraires, que nombre d’écrivains de littérature générale. Ce n’est que récemment que j’ai pu me formuler à moi-même que ce que je voulais, en fait, c’était faire de la littérature de l’imaginaire qui mêlait ambitions littéraires et propos. Avec le temps donc, et l’expérience, la ligne se simplifie.

Publiez-vous ce que vous aimez lire ? 

9782373050073-280x440Oui. Même si, chaque année, je découvre de nouvelles choses et que mon goût personnel s’étend, se diversifie, grâce aux libraires, aux lecteurs. Par exemple, alors que je ne suis jamais allé en Inde, je me suis découvert un vif intérêt pour ce pays et ses littératures. C’est en apparence un peu à côté de mon projet de travailler sur la fantasy littéraire et la SF, mais je trouve dans ces textes indiens le même plaisir, de ce décentrer grâce à la lecture, de cesser d’être soi, non pas pour s’oublier, mais se regarder autrement. Cela stimule l’imagination, même si ce n’est pas de l’imaginaire.

je crois que je me trompe souvent en éliminant certains manuscrits

On raconte de tout sur les sélections de manuscrits, comment les lisez-vous ? Comment choisissez-vous vos auteurs ? 

BRICMONT_COUV_CONTOUR-280x475Je vais être franc. Je reçois beaucoup de manuscrits. La plupart, je les feuillette en trois minutes. Le plus souvent, comme les auteurs ne connaissent pas notre maison (ce qui ne me pose pas problème : on est une petite maison), leur proposition ne s’adresse pas à nous : ils nous adressent des textes de genres que nous ne publions pas : romance, roman historique, etc. Généralement, sur cinq cents propositions annuelles, j’en sélectionne une dizaine que je vais lire de manière détaillée. Mais, à la fin, je ne peux en retenir que deux par an. En effet, une grande partie de notre programme est constitué de traductions, ou de nouveaux manuscrits d’auteurs que je publie depuis plusieurs années. Donc, je cherche deux titres par an. Sur les dix, j’essaye de percevoir aussi, non pas tant ce que le texte est, mais ce qu’il peut être car j’essaye de passer pas mal de temps avec l’auteur à amener son texte à sa perfection. Si bien que si j’ai l’impression qu’un texte est bon, mais que le travail avec l’auteur sera fastidieux, car trop complexe, trop radical, j’ai tendance à décliner. Mais je crois que je me trompe souvent en éliminant certains manuscrits. C’est ainsi.

comme je me sens coupable d’envoyer la commande en retard, je mets un cadeau dedans

Quel est l’aspect du métier d’éditeur que vous préférez ? celui que vous aimez le moins ? 

J’aime bien tous ses aspects. De la lecture des manuscrits à la gestion. Je suis parfois un peu lent à envoyer des colis, quand les gens nous achètent des livres directement, notamment parce que je ne suis pas très manuel… mais généralement, comme je me sens coupable d’envoyer la commande en retard, je mets un cadeau dedans, donc les lecteurs ne m’en veulent pas !

Le beau bureau d'un éditeur ordonné

Le beau bureau d’un éditeur ordonné

Editions Aux Forges de Vulcain

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