RENCONTRE AVEC… Benjamin Fogel, éditeur chez Playlist Society

Réfléchir sur l’objet culturel au sens large, voilà l’objectif principal des éditions Playlist Society qui s’intéresse particulièrement au cinéma, mais aussi à tous les courants créatifs. Lancée en 2014, la maison s’appuie sur un collectif qui partage une même vision sur la manière d’appréhender les oeuvres et publie monographies, essais et cartographies de mouvements culturels. Rencontre avec Benjamin Fogel. 

 

benjamin-fogelJe suis Editeur d’essais culturels, parce ce que c’est le meilleur moyen de partager ma passion des œuvres, d’être un pont entre les films, les disques, les livres et les personnes.  

Comment êtes-vous devenu éditeur ? 

Playlist Society, la revue culturelle en ligne que je dirigeais depuis sept ans, publiait de plus en plus d’articles dépassant les 15 000 signes. Il était temps de voir la réalité en face : ce qu’on voulait, c’était publier des livres !

Comment avez-vous défini la ligne éditoriale de votre maison ? 

Notre ligne éditoriale s’inscrit dans la continuité directe de celle développée par le site. Durant les sept années précédant la création de la maison d’édition, nous avons pu affiner notre vision et nos envies. Ce que nous souhaitons, c’est publier des textes sur les œuvres et les artistes qui nous paraissent importants pour comprendre le monde, à mi-chemin entre la démarche universitaire et la vulgarisation à destination de tous. 

Pourquoi une maison dédiée au cinéma ? 

Les éditions Playlist Society s’intéressent à tous les domaines, du cinéma à la musique, de la littérature aux jeux vidéo. Mais factuellement, depuis nos débuts, nous avons essentiellement publié des ouvrages de cinéma. Cela relève plus du concours de circonstance que d’un véritable choix. Il se trouve que les meilleurs textes que l’on nous propose touchent au cinéma. Mais on espère bien s’ouvrir aux autres genres très rapidement. D’ailleurs, un de nos prochains titres sera un essai musical, dédié à la vie d’une des figures phares de la scène new wave française dans les années 80. 

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On raconte de tout sur les sélections de manuscrits, comment les lisez-vous ? Comment choisissez-vous vos auteurs ? 

On a raison de raconter de tout sur la sélection des manuscrits, parce que c’est chaque fois différent. Chez nous, tous les cas de figures sont possibles, de la signature suite à un manuscrit reçu par mail et longuement étudié par le comité éditorial, à la décision prise saoul à deux heures du mat sur la foi d’un simple projet. L’important pour moi, c’est que l’auteur·e ait une nécessité d’écrire sur son sujet, que son envie découle d’une saine passion, et que l’on partage une vision commune des enjeux politiques. Il faut aussi que ça « matche » d’un point de vue humain. J’édite des livres parce que ça me semble important, mais ça reste une activité que je fais aussi pour mon plaisir. Ce serait absurde de signer des personnes que je n’estime pas, avec qui je n’aurais pas envie de passer des soirées à refaire le monde.

 

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Le bureau des éditions Playlist Society

 

frederick-wisemen-playlist-societyQuelles sont les spécificités de l’édition d’essais et documents ?

J’ai une réponse précise à cette question : le plan et la structure. Pour moi, la spécificité d’un essai, c’est sa capacité à transmettre du savoir. Un roman peut prendre le parti d’être opaque, de jouer avec les lecteurs·rice·s. Pas un essai. Même s’il s’agit de textes personnels où transpire la personnalité de l’auteur, on essaye de faire des livres utilitaires. On veut que nos livres servent, qu’après y avoir consacré deux, trois heures, le lecteur ou la lectrice soit en mesure de parler de tel artiste, de telle œuvre, d’expliquer pourquoi il ou elle compte dans l’histoire de l’art. 

Comment définiriez-vous votre maison en une phrase ?

Des essais, des monographies, des cartographies de mouvements culturels, le tout en version pop.

 

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