READLIST : Don’t stop the Musique !

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Vous le savez : nous aimons la musique. Nous travaillons en musique, vivons avec de la musique, lisons avec de la musique. Pour célébrer cette joyeuse communion, nous vous avons préparé une readlist bien particulière, à base de livres, et d’une interview inédite de Maxence Cyrin, réalisée dans le cadre du MaMA Festival* en Octobre.

couverture-chant-machine-allia-blot-cousinLe Chant de la Machine – David Blot & Mathias Cousin

Lire des livres sur la musique relève parfois de l’exercice scolaire rappelant un cours de sociologie obscure : entre name dropping, noms de styles, citations, références à écouter… difficile de ne pas nager dans l’abstraction. A croire que, souvent, les livres sur les groupes ou les courants sont rédigés pour des personnes les connaissant déjà.

En BD, la barre était placée très haut, avec le travail d’un certain Robert Crumb, qui a mis en cases les héros du blues, du jazz et de la country. Le superbe livre de Mathias Cousin, graphiste issu de Penninghen, et David Blot, journaliste à Nova, n’a pas à rougir de la comparaison : les machines tiennent tête aux grands-pères (auxquels elles doivent beaucoup). Sans doute n’est-ce pas un hasard si mister Crumb est une référence pour Mathias Cousin, décédé en 2002. Graphiquement, le début du livre rappelle l’esprit Crumb, d’ailleurs, pour ensuite évoluer vers un style plus épuré, comme si l’évolution du trait suivait l’évolution des beat.

En 200 pages, on survole 50 ans d’histoire, de découvertes, de tâtonnements, de références, d’inspirations, c’est une fresque qui se déploie, entre anecdotes, musiciens oubliés, paillettes, raves, clubs du monde entier, des ghettos au Palace, d’Ibiza à New-York. A la fois livre « historique » (et unique en son genre), BD et fournisseur officiel de playlists, ce roman graphique  préfacé par Daft Punk, s’impose comme un livre culte, une bible pour les amateurs de house music et de musique électronique en général. La culture musicale s’écrit, se découvre, s’apprécie à sa juste valeur ! Editions Allia

couverture-delta-t-anamosaDelta t – Collectif

Graphique. Elégante. Originale. Intéressante. Dense. Décalée. Belle. Les qualificatifs ne manquent  pas pour désigner la revue musicale trimestrielle des éditions Anamosa, Delta t. Nous avions parlé  du premier numéro avec engouement, nous persistons et signons à la lecture du second, toujours aussi bien mis en page, pour la forme. Toujours aussi enrichissant, pour le fond. Intemporelle, la revue promène son lecteur mélomane d’un style à un autre, d’une recherche musicale à une autre (la recherche de musiques traditionnelles en Auvergne, le free jazz, Arno qui interroge la notion de nationalisme en Europe, un tour à Détroit…). De l’amateur éclairé au curieux dilettante, en passant par le professionnel de la musique, tout le monde se retrouve dans Delta t! Editions Anamosa Page Facebook de la Revue

Interview

Maxence Cyrin :  « Un album c’est comme raconter une histoire »

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Un livre ? Non ! Une interview, en bonus ! Pendant le MaMA Festival*, à Paris, notre envoyée spéciale Marie Rodriguez a interviewé le pianiste Maxence Cyrin, qui s’illustre par une fusion subtile des mondes du piano et… de l’électro ou du rock. Au piano, il reprend Daft Punk, les Pixies, Massive Attack, Nirvana… Sous ses doigts, les classiques prennent une dimension surprenante, comme si le mélange des genres donnait naissance à un genre à part entière. Rencontre avec un artiste curieux comme on aime !

 Etes vous un grand lecteur ? Quel est le dernier livre que vous ayez lu ?

Je lis plutôt  des essais car ces lectures  modifient ma façon d’appréhender la vie. J’aime bien lire et relire car j’oublie vite. En ce moment, je relis « L’art d’être heureux » de Schopenhauer, qui est en fait l’art de la sagesse. Il y a peu de romans actuels qui trouvent grâce à mes yeux à part Michel Houellebecq, c’est le Balzac du 21ème siècle !!!

Pensez vous que l’on peut voir des similitudes dans la relation de l’écrivain à son livre et du musicien à ses compositions ?

Faire un album, c’est un peu la même démarche que d’écrire un livre : il y a une orientation, un parti-pris, une singularité qui n’était pas dans l’œuvre précédente et qui ne sera pas dans l’œuvre suivante. Un album c’est comme raconter une histoire.

Vous êtes un adepte des reprises, comment ressentez vous la différence de logiques entre faire une reprise et composer à partir de rien ?

C’est totalement différent puisqu’au lieu de partir d’un matériau qui existe déjà on part de rien.  Il y a la notion de réappropriation dans la reprise qu’il n’y a pas dans la composition. Quelque part c’est plus simple de composer car il n’y a pas de contraintes.

Vous avez commencé votre carrière de musicien par une formation classique pour ensuite aller vers la musique électronique, faut-il avoir peur des mélanges ?

La vie EST le mélange, la musique EST le mélange et l’a toujours été. Ce sont les esprits fermés qui ont peur des mélanges. D’ailleurs c’est très français cette façon de voir les choses : tout est fermé, mis dans des cases. Je pense qu’aux USA par exemple, personne ne se pose la question de savoir si je fais de la musique classique, pop, ou électro, pour eux c’est juste du piano et ils se disent juste « c’est beau ».

Le clip de votre reprise de « Where is my mind » a eu un très grand succès : considérez vous l’image comme un corollaire de la musique ?

A l’époque je visionnais beaucoup de films muets, et puis comme il n’y avait pas vraiment de budget pour faire un clip, je me suis dit que j’allais faire des montages de vieux films. Je pense que je fais une musique qui est assez cinématographique,  c’est quelque chose de très naturel pour moi d’associer musique et images.

Comment choisissez vous où vous allez jouer ? Que vous inspire l’ambiance du MAMA festival ?

Savez-vous que le Carmen, l’endroit où j’ai joué lors MAMA était l’hôtel particulier du compositeur Georges Bizet ? J’aime jouer dans ce genre d’endroits, qui ont un passé, une histoire.

Enfin, comment ressentiriez vous le fait qu’un musicien souhaite faire une reprise d’une de vos compositions ?

J’en serais flatté ! Mais allez voir sur youtube et vous serez étonné de voir le nombre de pianistes qui joue ma version de « where is my mind » ainsi que d’autres de mes adaptations. D’ailleurs beaucoup me sollicitent chaque jour pour que je leur envoie des partitions de mes compositions.

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*Si vous vous demandez ce qu’est le MaMA Festival : 3 jours de musique entre le 9e et le 18e arrondissement, à Paris, donc. 3 jours de programmation éclectique, entre pop et électro, inconnus et poids lourds, français et internationaux, dans des clubs, des salles et des bars du quartier. Un peu comme si l’on avait pensé à concentrer les avantages d’un festival (la diversité), sans ses inconvénients (vous voulez la liste ?)

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