8 livres pour se familiariser avec l’édition indépendante

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On vous le répète à longueur de chronique : on aime la littérature indépendante. Si parfois il nous arrive de mentionner des « gros » éditeurs et des « gros » auteurs parce qu’on a aimé leurs livres (oui ça arrive, ne soyons pas sectaires), notre préférence va largement au travail d’éditeurs plus discrets et à l’origine d’un travail qualitatif qui réjouit notre cerveau de lecteurs avant de faire jubiler celui des critiques. Bref, on les aime et on vous ordonne de les aimer (précisions que cette petite sélection est totalement non exhaustive et correspond aux coups de coeur du moment. Il y en a PLEIN d’autres qu’on aime, et dont on vous parlera dans une prochaine readlist!)

1423002240386La Madrivore de Roque Larrouy. Avec cet éditeur, nous avons pris l’habitude des livres étranges. Pas un peu bizarres, non non, vraiment étranges. Christophe Lucquin a un don : celui de débusquer des ovnis. Exemple avec ce titre magnifique, premier roman d’un argentin apparemment pas tout seul dans sa tête, qui tourne autour de l’obsession. Scientifique et sexuelle au début du 20e siècle, artistique et sexuelle au 21e. C’est barré, prenant, étouffant, fou et très bien écrit. Editions Christophe Lucquin

 

 

 

 

B-wXswRXIAAxM7JRevue Le Zaporogue n° XVI. De la poésie américaine, de la poésie française, des nouvelles, des textes fleuve, des photos… Des gens connus et moins connus, tous rassemblés autour d’un même intérêt : la littérature, vivante et fière de l’être. En 289 pages, mister Zaporogue en chef, alias Sébastien Doubinski, offre un panorama artistique et éclectique des plus réjouissants. (Fouinez sur le site, promenez-vous : il y a de nombreux ebooks en téléchargement libre, et pas du Barbara Cartland bradé. De la vraie littérature, cela va de soi.) Editions du Zaporogue

 

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La distraction des Gares de Monique Debruxelles. Pour se promener, on se promène avec Rue des Promenades. Sur des sentiers étranges, un peu grinçants, loufoques, décalés, barrés, originaux (souvenez-vous, nous avons parlé de « Sens Interdit » de Zo, publié par Rue de Promenades). Ici, c’est une galerie de personnages qui se dévoile au fil des nouvelles de ce recueil. Personnages et situations, lieux et villes, trajets et élucubrations, rien n’est tout à fait calé et bascule dans un surréalisme contrôlé à peu près à chaque page. ça tombe bien, on aime les sports extrêmes ! Editions Rue des Promenades

 

 

 

 

couv_wajsbrot_40 9782360120598Berliner Ensemble de Cécile Wasjbrot / Berlin sera peut-être un jour de Christian Pringent. Berlin. Berlin. Berlin. Ville tentaculaire, immense, marquée par l’Histoire et ses dérives. Aujourd’hui, que reste-t-il de cette puissance, entre rendez-vous underground et tourisme ? Cécile Wasjbrot peint un Berlin quotidien, métissé, tissé de sentiments et de magie. Chirstian Pringent met en perspective la ville elle-même, son trajet à elle, son histoire. Les deux récits se complètent, font résonner l’immensité de cette ville jusqu’entre vos mains.  Ces deux titres sont les premiers livres « littéraires » de la maison La Ville Brûle, tournée vers les essais et les sciences humaines. Leur qualité laisse présager un bel avenir à cette collection… Et quand on aime Berlin, on aurait aimé écrire ces deux magnifiques titres! Editions La Ville Brûle

 

 

 

 

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Quarante-deuxième parallèle Nord de François Michel. Il y a un petit côté Blaise Cendrars chez ce jeune auteur d’une toute jeune maison (2 titres au catalogue), née des folles élucubrations d’un collectif d’illuminés. François Michel voyage, et nous avec lui. Peu importe la destination, c’est le trajet qui compte, ce qu’il va voir et extraire des paysages urbains, la poésie qui va se dégager d’un détail perdu dans une jungle de béton. Un peu de Blaise Cendrars, et un peu de Beat Generation il y a dans ces chroniques ! Editions Denise Labouche

 

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Barcelone/Marseille : Un échange de poésie contemporaine. Difficile de choisir un titre à mettre en avant pour parler du travail du cipM, Centre International de Poésie de Marseille. Commençons par souligner la beauté des livres, élégants et sobres, l’odeur du papier, comme une signature. Le contenu ? Une preuve permanente que la poésie n’est pas morte ni ridicule en 2015 et que de véritables irréductibles s’emploient à la faire vivre, évoluer, perdurer, quelle que soit sa langue. Ici, avec ce titre de la collection « Import/Export », c’est le résultat d’un atelier de traduction de poésie que vous teindrez entre vos mains, en français et catalan. 6 poètes qui s’expriment et se traduisent… C’est beau, à tous les niveaux. Et sans beauté, le monde ne serait pas très intéressant… Centre International de Poésie de Marseille

 

 

 

 

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Ars grammatica de David Bessis. Bon, Allia, c’est une longue histoire. Combien de cadeaux de dernière minute ou prévus de longue date avec un joli petit livre de cette maison, fin, sobre, élégant. Des cadeaux qu’on a souvent envie de garder pour soi… Exemple avec ce titre, sorte de d’association d’idées et de concepts mathématiques, entre jeu de piste et psychanalyse. C’est très bien vu, parfois surprenant, amusant et ça réveille le cerveau, qui se met à chercher ses propres idées au fur et à mesure de la lecture. Sous cet aspect ludique, l’auteur, mathématicien, met en lumière nos automatismes psychiques et nous amène à réfléchir sur nos « keywords ». Sans devoir payer un psy, c’est quand même sympa. Editions Allia