Read List : Horizons Noirs

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De l’Australie à l’Italie, en passant par l’Islande, les USA et la France, noir, c’est noir. Les 5 livres de cette readlist, trempés dans différents degrés de violence et de suspense nous font voir la vie… en noir ! Et on en redemande, bien sûr. Le noir, c’est indémodable, on nous le dit chaque année.

coud-borderline-coleBordeline – Jessie Cole. Traduction d’Hélène Frappat. 

Dans ce premier roman, polar en demi-teinte, deux voix : celle d’une adolescente et celle de son père qui racontent comment une jeune femme étrange entre dans leur vie. Un soir, le père, abonné aux oiseaux blessés, secourt une femme accidentée qui tient un bébé mort, le sien, dans ses bras. Au beau milieu du bush australien que Jessie Cole connait bien, il n’y a pas beaucoup de distractions ni de surprises. Cette campagne perdue ressemble apparemment à toutes les campagnes perdues du monde. La terre australienne a l’air fertile : elle semble bien faire émerger les secrets, les non-dits et la violence qui sommeillent dans les individus. Attachants et fragiles sous leurs apparences secrètes, ils portent tous de drôles de valises qui s’ouvrent parfois par surprise… Dans le fatras des difficultés personnelles ou familiales et de l’amour mal exprimé et mal dirigé, le drame guette, sans effets spectaculaires ni chausses-trappes stylistiques. Il frappe comme un uppercut dans une ruelle sombre. Et on ne pouvait pas dire qu’on n’était pas prévenus ! Editions Actes Sud

 

couv-saffi-varesiLa Pension de la via Saffi – Valerio Varesi. Traduction de Florence Rigollet. 

Retrouvailles avec le commissaire Soneri, le héros du Fleuve des brumes ! Chargé de résoudre une affaire de meurtre dans une pension de famille, le héros va devoir se confronter à son passé et se révéler peu à peu au lecteur. Si l’univers reste sensiblement proche, Valerio Varesi excelle dans l’art de créer une ambiance à la fois feutrée et grinçante, où plane l’ombre du fascisme, toujours dissimulée dans les brumes de la ville. Au milieu de l’intrigue et de la toile qui cerne la personne assassinée, des trajectoires se dessinent, dont celle de notre commissaire. En jouant avec les codes des romans noirs classiques, Varesi emporte son lecteur dans une certaine indolence familière – comment ne pas éprouver de sympathie pour un flic qui aime la cuisine licale, les bons vins et porte un regard à la fois cynique et désabusé sur le monde qui l’entoure ? – qui rend la lecture de ce polar d’autant plus compulsive et agréable. Editions Agullo

 

couverture-crumley-baiserLe dernier baiser – James Crumley. Traduction de Jacques Mailhos. 

Immense James Crumley ! Injustement discret, cet écrivain américain voue une tendresse non dissimulée à ses personnages, souvent des gueules cassées paumées ou des losers notoires. Hommes comme femmes se heurtent à la vie, perdus dans leur haine d’eux-mêmes, éternellement condamnés à rechuter après avoir parfois effleuré la lumière du bout des doigts… On suit Sughrue, détective lancé aux trousses d’un auteur alcoolique puis d’une fille disparue dans une quête éclatée et intense, jalonnée de chiens alcooliques et des gens tout autant alcooliques et sans doute encore plus malmenés par la vie que ces chiens. Toujours, au milieu du fatras et de cette fragile humanité, la poésie de la plume de Crumley, ses images et ses métaphores. Comme un fil de lumière et de douceur au milieu du tumulte… A la fois roman noir, road trip, roman d’aventures de bar en bagarre, roman d’amour teinté de cynisme, Le dernier baiser appartient à la catégorie des grands romans du 20e siècle. Editions Gallmeister

 

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Mörk – Ragnar Jónasson. Traduction de Pierre Brévignon. 

Il s’en passe, des choses bizarres, sous le cercle polaire ! Si vous pensiez à l’esthétique des aurores boréales, ce polar froid et sombre comme une nuit scandinave va vous faire revoir votre a priori. Siglufjördur pourrait être une bourgade comme les autres, plongée dans le noir total pendant deux longs mois (si tant est qu’on puisse être « comme les autres » quand on ne voit pas le soleil pendant 2 mois…), mais de drôles de non-dits et de secrets planent lient les habitants, même devant le meurtre d’un inspecteur de police… Il y a un peu d’Agatha Christie dans ce polar âpre, où silence, violence et folie se répondent dans la nuit la plus totale. Editions de la Martinière

 

 

couverture-avoact-breaRécit d’un avocat – Antoine Bréa. 

Court, dense, ciselé, ce roman sur le parcours d’un jeune avocat chargé d’un dossier de fait divers. Ennuyé par les taches répétitives dans son cabinet, cet avocat est un jour chargé par une femme, correspondante de prison, de se saisir du dossier d’un jeune kurde emprisonné pour une histoire de vengeance qui a tourné en crime. D’abord discret et peu incarné, l’avocat semble prendre de plus en plus de volume au fur et à mesure qu’il avance dans les rouages de l’affaire dans laquelle il s’investit de plus en plus. Jusqu’à quel point ? Antoine Brea parvient à maintenir son récit sur un fil, dans une tension latente d’autant plus intense qu’il n’utilise aucun artifice particulier. Pas de démonstration spectaculaire, pas d’effets sanglants, pas de cadavres en morceaux, rien de tout cela. Juste une histoire tristement réaliste, tristement crédible et cohérente, menée avec sobriété et précision par un auteur très à l’aise. Editions du Seuil

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