Pause Pile à Lire : Le livre de Joe – Jonathan Tropper

Parfois, parfois, j’ai envie de vous parler d’un livre que j’ai lu entre deux autres livres sortis récemment et que j’ai hâte de chroniquer. Juste un livre tout droit pioché dans une « PAL » (Pile à Lire) qui ne cesse de grandir

 

couv-livre-de-joeLe livre de Joe – Jonathan Tropper. Traduction de Nathalie Peronny

Il y a des livres comme ça, dans la Pile à Lire Perso : je n’ai pas la moindre, mais pas la moindre idée de comment ils sont arrivés là. Par un achat compulsif, sans doute, oui. Mais quand ? A partir de quelle idée ? De quelle suggestion saugrenue ? Pourquoi ?

Impossible, donc de savoir qui m’a suggéré ce livre, d’un auteur que j’aurais plutôt tendance à associer au mainstream parfaitement ficelé, donc à ne pas lire en priorité (donc à ne pas acheter non plus, en principe).

Mais voilà. Le pitch promettait un écrivain en prise avec la dichotomie réalité /écriture et l’impact d’un livre d’auto-fiction à succès sur la ville de son adolescence et sa famille. Forcément, ça parle, comme sujet !

Quand son père est à l’agonie, le narrateur retourne sur les lieux de son enfance et n’est pas tout à fait accueilli à bras ouverts par ses anciens camarades de classe, ses premiers amours et sa propre fratrie. Surgissent des éléments du passé, des secrets enfouis, chevillés à son roman, adapté en film et un lot de rancoeurs et de violences tenaces qui vont lui exploser au visage.

C’est très hollywoodien comme déroulement, très imagé. Très bien mené, très bien articulé, Le Livre de Joe roule tout seul. Il n’y a rien à redire sur la construction, à part prendre des notes et observer comment est structuré un livre grand public. S’il n’y a pas beaucoup de surprises au niveau des événements, du déroulé même et ce jusqu’à la fin, c’est dans le propos que réside l’originalité de ce livre. D’abord, parce qu’il traite, parmi d’autres thématiques fortes, d’homosexualité adolescente et de la façon dont un couple de garçons peut être perçu dans une petite ville. Et ensuite de la façon dont les réactions diverses vont déterminer le sort et l’avenir des garçons concernés. Et c’est là que le roman prend toute son ampleur. Bien sûr, on s’identifie par ailleurs aux mouvements intérieurs du narrateur, à ses ressentis, à ses blessures, à ses peurs, ses regrets : ils sont relativement universels. Par contre, le traitement et l’intégration de la perspective LGBT, c’est plus rare (surtout dans un roman de ce type) et parfaitement intégré, mené, réfléchi. Et puis, parfois, prendre une bonne leçon de rigueur romanesque à l’américaine et observer où et comment ça marche parfaitement à la lecture, ça fait du bien !

Editions 10/18

 

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