Pause Pile à Lire : Le chameau sauvage – Philippe Jaenada

Parfois, parfois, j’ai envie de vous parler d’un livre que j’ai lu entre deux autres livres sortis récemment et que j’ai hâte de chroniquer. Juste un livre tout droit pioché dans une « PAL » (Pile à Lire) qui ne cesse de grandir

 

cous-chameau-sauvageLe chameau sauvage- Philippe Jaenada

Il y a peu, quelqu’un m’a dit du mal de Philippe Jaenada. Puis quelqu’un d’autre m’en a dit du bien. Et au final, il m’est apparu que je n’avais jamais rien lu de lui. Oui, je sais c’est mal. Très mal. Mais bon enfin, quoi, on ne peut pas TOUT lire, TOUT le temps et TOUT savoir, et… Bref. Donc j’ai acheté un de ses livres au hasard, afin de parfaire mon inculture littéraire française. Comme il se doit, à priori en poche, je me suis lancée dans ce bon gros roman, alors que je n’aime pas spécialement la littérature humoristique. Cherchez l’erreur.

Eh bien, l’erreur, sachez-le, venait de moi, et moi seule. Déjà c’est mal de ne pas connaître les écrivains phare de son pays. Ensuite, c’est mal de partir du principe que drôle, c’est sympa mais bon. Et puis merde à la fin, la littérature, ça s’apprécie, point !

Surtout que… certes c’est un livre drôle, assez burlesque, qui raconte comment un type insupportable semble s’être abonné aux incidents en chaîne et finit dans des situations invraisemblables. Pourtant, il se débrouille plutôt bien dans la vie, avec un job, des amis, une famille, parfois une copine… Pas trop mal, même ! Mais quand il tombe fou amoureux d’une fille étrange, croisée dans la rue dans des circonstances improbables et qui disparait rapidement, le choses se compliquent encore.

Philippe Jaenada possède un talent de conteur d’un autre âge, d’une autre ère. Son écriture est ciselée, précise, volontairement superfétatoire, passe du comique au poétique en deux phrases, du ridicule au touchant en trois et traine son lecteur par les cheveux au long de son roman. On s’attendait à se tenir les côtes devant quelques blagues de dragueur un peu lourd mais tellement sympa ? Oui, ça arrive. Par contre, quand il cesse de faire le pitre, cet écrivain, qu’il retourne la médaille de l’humour un peu grivois, un peu rabelaisien, un peu célinien, qu’il lâche la virtuosité avec laquelle il rend hommage à Paris, aux trajectoires humaines et à l’alcool, il gagne par KO. Là, vers la fin du roman, le pourquoi du comment, en une phrase. Une seule. La clé de tout. C’est fou comme ça fait plaisir et du bien de découvrir qu’il y a encore (je parle pour moi) des écrivains de cette envergure à découvrir…Editions J’ai Lu