Rencontre avec : Les éditions Mirobole

 

Il y a quelques années, le paysage de la littérature indépendante voyait naître un drôle de spécimen : les éditions Mirobole. Des couvertures qui sortent du lot, intriguent et captent le regard. Des textes fous, déjantés, inédits, écrits par des suédois, moldaves, russes, polonais et , qui chamboulent les repères et jouent avec les codes des genres, entre imaginaire et réalité, fantastique et étrangement quotidien. Cette maison n’a rien de mirobolant : elle est belle et bien vraie ! Rencontre avec Sophie de La Marlière, l’éditrice de la maison.

 

Je suis Editeur Parce que… C’est une magnifique manière de vivre une grande intimité avec les textes, les auteurs, les livres, la littérature, et de se frotter à l’autre, toujours si semblable et si différent ;

Une maison d’édition, cela veut dire une maison, avec des hôtes de passage ou plus installés

 

Comment êtes vous devenu éditeur ? 

Au début par hasard, parce que je ne voulais pas enseigner ou faire de la recherche. Puis par envie. Maintenant par nécessité, je ne vois pas ce que je pourrais faire d’autre en ayant connu ça.

Comment avez-vous défini la ligne éditoriale de votre maison ? 

Je ne l’ai pas fait, justement. Il y a eu une direction, un but vers lequel tendre, le reste est question de goûts personnels, de si intime peut-être et personnel que je n’arrive pas à le définir. Je parlerais plutôt de style éditorial, mais une ligne… Je déteste ce mot, il m’évoque toujours l’idée de « ligne politique ». Nous ne sommes pas un parti, nous sommes une maison d’édition, cela veut dire une maison, avec des hôtes de passage ou plus installés, des gens qui viennent donner un coup de main, des échafaudages partout, un sens de l’accueil, une touche personnelle.

Un métier qui fait progresser sur le plan personnel, c’est une chance.

On raconte de tout sur les sélections de manuscrits, comment les lisez-vous ? Comment choisissez-vous vos auteurs ? 

Les auteurs sont choisis en fonction de ce que leurs livres dégagent et suscitent, comme émotion, réflexion… mais aussi par ce qu’ils peuvent apporter comme singularité à notre catalogue. Je viens par exemple de refuser à regret une auteur suédoise géniale qui écrit des nouvelles fantastiques dans la veine weird, mais je ne pouvais pas la publier car nous avons déjà Anders Fager ! J’aime bien cette idée d’un catalogue harmonieux, où chaque livre fait entendre sa voix, parfois discordante justement…

Et les étrangers, comment les dénichez-vous ? 

Beaucoup de recherche personnelle et de défrichage, l’écoute des conseils d’amis traducteurs ou agents littéraires, peu de voyages hélas sauf en chambre !

Qu’est-ce qui vous plait le plus dans ce métier ? 

La réponse change tous les jours, en ce moment ce qui me plaît beaucoup est une intuition : ces habitudes « professionnelles » que j’ai prises de curiosité et de questions sur ce qui fait l’universalité et la singularité d’un texte changent aussi mon regard en général. Un métier qui fait progresser sur le plan personnel, c’est une chance.

 

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