Making-Of Littéraire : Mes Mauvaises Pensées, de Nina Bouraoui – Episode 2

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L’épisode 1 de ce making-of littéraire nous emmenait aux sources même de l’écriture de Mes Mauvaises Pensées, de Nina Bouraoui. La suite, avec l’approche de la technique même, plonge au plus près des mots et du déroulé du roman. 

nina-bouraoui-selfie2. L’écriture 

Comment prend on des notes pour articuler les idées qui émergent et dégager des fils conducteurs?

J’avais une feuille de route à côté de mon plan. Une sorte de conducteur justement, très dense et très clair aussi. J’ai écrit par strates, l’une renvoyant à l’autre. Il fallait faire attention aux répétitions, aux contradictions. Ce livre a été aussi une expérience d’écriture. Je me suis souvent sentie « possédée » par ce livre. Il s’écrivait avant que je ne l’écrive. C’est étrange, mais c’est ce que je ressentais.

Comment avez-vous choisi ce que vous alliez livrer de votre histoire personnelle? 

Je crois que je n’ai pas choisi. Tout s’est emboîté très facilement. Je n’avais pas l’impression de trahir des secrets. Je me sentais très libre et libérée.

Écrire ce roman a-t-il eu un pouvoir cathartique ? 

Ce roman a scellé mes liens précieux. C’est son pouvoir. Un roman n’est pas une thérapie. Heureusement d’ailleurs. En revanche il peut être une immense déclaration. C’est ce que je voulais.

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Combien de temps avez-vous mis à écrire ce roman ?

J’ai tourné autour de lui pendant trois mois, puis je l’ai écrit en six mois. Voilà, ça fait neuf mois ☺

Si vous deviez vous comparer à un artiste plastique, quelle serait sa discipline ?

Sculpture, c’est certain. Mais une sculpture qui reste un bloc. D’ailleurs j’ai conçu le livre ainsi. Je voulais lui donner cette forme. Il n’a aucun paragraphe, aucune respiration. C’est le bloc de la mémoire, des souvenirs, des associations d’idées, des sentiments.

Comment reconstituez-vous vos souvenirs d’ambiances, de décors, de paysages, d’odeurs ? Sur vos réminiscences ? Vos reconstituions et associations ? Des notes, des films…?

J’ai une mémoire photographique. Je vois tout ce que j’écris. Je décris souvent davantage que je n’écris. C’est très facile pour moi. Je suis assaillie d’images, de sons, d’odeurs. C’est pour cette raison que j’évoque souvent la sensualité au sujet de mon travail.

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Comment écrit-on, après ? Après cette chorégraphie si particulière, comment avez-vous repris le chemin d’une écriture plus schématisée ? 

Ce livre m’a marqué, mais il ne m’a jamais écrasé. J’aime toujours recommencer. Accéder à une autre piste. Je suis une aventurière sédentaire.

Avez-vous des rituels d’écriture ? Lesquels ? Comment sont ils venus ?

Quand l’écriture est certaine, j’écris tous les jours. Il y a des pics d’écriture. Le matin elle est plus lente, l’après-midi elle s’accélère et la grâce arrive souvent vers dix huit heures. Cela doit coïncider avec les courbes du taux de sérotonine dans le cerveau 😉 J’évite d’écrire la nuit, sauf si j’ai pris du retard. J’établis avant tout roman un plan très détaillé doublé d’un carnet : phrases, croquis. J’aime dessiner ce que je vais écrire. Ce sont des signes un peu kabbalistiques. L’écriture a un lien avec la magie (blanche) : celle qui porte bonheur ;

Avez-vous des lieux d’écriture ?

Toujours dans mon appartement, mais à des endroits différents. Souvent sur mon lit à vrai dire, la position semi allongée proférant une forme de liberté. Je n’ai pas de bureau. D’ailleurs je ne comprends pas l’image de l’écrivain à son bureau. Pour moi ça n’existe pas.

épisode précédent

à suivre…

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