Interview : Maud Bachotet, rédactrice en chef du mooc Pièce Détachée

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Il arrive que les réseaux sociaux fassent bien les choses et laissent apparaître autre chose dans le fil d’actualité qu’une succession d’animaux mignons et de récriminations à visée politique. Autre chose dans la page d’un mooc semestriel nommé Pièce Détachée. Avec un objectif original, Pièce Détachée, fondée et dirigée par Maud Bachotet et Salomé Dolinski, compte « déshabiller le vêtement ». Pourquoi un sujet mode au milieu des livres, vous demandez-vous ? Parce que cette mode là entend mettre à l’honneur un vêtement ou un accessoire par la littérature, les sciences sociales et les arts graphiques. Loin l’idée de superficiel associée à la mode, place à la culture ! Rencontre avec Maud Bachotet dans les coulisses de Pièce Détachée.

 

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Maud et Salomé : Pièce Détachée © Benoît Sénac

Un mooc qui « déshabille le vêtement » par la culture, c’est peu commun comme mélange d’univers. Quelle idée sous-tend cet objet ? 

Lorsque l’idée de fonder une revue sur le vêtement a germé dans mon esprit, j’ai rapidement fait le constat que la mode, dans la presse, était relégué au rang du superficiel et du féminin. Avec Pièce détachée, j’ai souhaité aller à rebours de cette presse féminine, trop souvent vitrine des grandes marques, regorgeant de ce fait de publicités. Puis, mon amie Salomé Dolinski, également co-rédactrice en chef de la revue, m’a fait découvrir le séminaire sur l’histoire de la mode animé par Sophie Kurkdjian et Maude Bass-Krueger à l’IHTP-CNRS. Nous y avons appris combien la recherche, en France, boudait la mode, sujet d’étude jugé trop superflu. Cela nous a confirmé la nécessité de créer une revue consacrée à la culture du vêtement ; parce que le vêtement n’intervient pas uniquement dans le champ de la mode, mais également dans ceux de l’histoire, la société, l’art ou la littérature. In fine, il s’agit pour nous de montrer le vêtement sous un autre prisme que celui du produit de consommation, en donnant la voix à des chercheur.euse.s mais également des écrivain.e.s, des bloggeur.euse.s et autres acteur.trice.s de la mode.

Comment se déroule la conception, la production ? Entre le point de départ et la réalisation, comment ça se passe ? 

Il faut savoir que notre équipe est, pour le moment, très réduite. Salomé et moi devons donc être présentes sur tous les fronts. Une fois la ligne éditoriale bien définie, il a d’abord fallu élaborer un sommaire prévisionnel, puis lister les auteur.e.s potentiel.le.s qu’il nous faut contacter un.e par un.e et convaincre de participer au projet (il nous arrive de passer des journées entières devant notre boîte mail). À réception des articles, nous travaillons à parfaire le texte, main dans la main avec les auteur.e.s. En parallèle à ça, nous devons sélectionner l’iconographie et négocier les droits auprès des agences. Nous avons également beaucoup de lectures et de recherches à effectuer, puisque nous prenons en charge la rédaction de certains articles du premier numéro. De son côté, Manon Fargeat, notre graphiste, a conçu le logo et travaille activement sur le principe de maquette et de couverture.

Comment s’effectuent les sélections des contributions que vous retenez ? Quels sont vos critères et étapes de validation ou refus ? 

La majorité des articles qui figureront au sommaire de Pièce détachée ont (ou auront) fait l’objet d’une commande. En règle générale, nous allons nous-même à la rencontre des auteur.e.s. Nous avons néanmoins lancé un appel afin de recueillir des contributions graphiques. Nous espérons, par ce biais, donner une certaine visibilité à la jeune création. Nous n’avons cependant pas de critères de validation déterminés, en dehors du fait que les œuvres devront répondre au mieux et avec talent à la thématique de la robe et ce de façon résolument contemporaine, et très peu de contributions trouveront leur place au sein du premier numéro, le sommaire étant déjà très chargé.

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Le site et le Facebook Pièce Détachée