[FESTIVAL LITTERATURE ETC] Interview de Geneviève Peigné

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Il y a quelques semaines, nous vous présentions Aurélie Olivier, tête pensante de la littérature en mouvement. Nous vous annoncions le premier partenariat de Bookalicious avec un Festival : Le Festival Littérature Etc, qui se tient du 25 septembre au 21 octobre, au Pays d’Opale et Dunkerque, au Pays de Mormal, dans le Sud Artois et la métropole lilloise

Afin de fêter cette vision commune de la littérature, nous avons invité quelques auteures présentes à l’édition 2017 de Littérature etc. dont la thématique est « Hors Normes ». Un sujet porteur que Geneviève Peigné, Chloé Delaume, Manon Labry et Maryam Madjidi décortiquent au prisme de leur écriture singulière. Sortez des sentiers battus et soyez Hors Normes !

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Geneviève Peigné, après avoir enseigné les lettres en Pologne, aux Antilles et en Algérie, a publié, sous son nom ou celui de Geneviève Hélène, quatre ouvrages chez Jacqueline Chambon, deux aux Éditions Virgile et chez Agnès Pareyre et Potentille et collabore à plusieurs livres d’artistes. Elle a aussi fondé, dans la Nièvre, à la campagne, où elle vit, le festival Samedi poésies dimanche aussi. En 2015, elle publie L’interlocutrice (éd. Nouvel Attila) livre qui mêle un dialogue de plus en plus difficile avec sa mère qui souffre d’Alzheimer et les dialogues écrits que sa mère entretient au même moment sur les pages de ses polars, répondant et se confiant aux personnages de Simenon et Exbrayat.(présentation extraite du programme du Festival)

 

Une œuvre ne sera reçue durablement que si elle vient se poser là où il y avait un vide.

 

Quelle est votre définition à vous du concept « Hors-Normes » ? 

Être hors-normes : céder à l’appel en soi de possibles que la vie courante dans ses limites biologiques, sociales et bien sûr culturelles fait le plus souvent, prudemment ou frileusement, c’est selon – avorter.

En quoi vous sentez vous « Hors-Normes »? (Personnellement, artistiquement)

Que l’on accepte de sacrifier au démon de l’écriture entraine une vie hors-normes ; où vouer son temps et son souci à une activité dont la rentabilité financière sera quasi inexistante et dont on ne tirera aucun pouvoir. Si l’entreprise se soumet à un idéal d’écriture, il sera de justesse (notion humble) et de vérité (notion peu prisée). Enfin, ce sera s’attacher à une activité dont dès le départ on n‘ignorera pas l’inévitable part d’échec – un livre s’aboutit lorsqu’on ne peut plus rien pour lui, quand on n’arrive plus à réduire l’écart entre ce qu’on attendait de lui et ce qu’on a eu la capacité d’atteindre.

On n’oubliera pas, dans cette question du hors-norme, celle avec laquelle il est passionnant et périlleux pour l’écrivain de se colleter pour dire : la norme linguistique – syntaxe lexique grammaire – (et les genres littéraires). Ces ossatures qui nous forment et déforment. C’est pour cela que j’aime les livres inclassables et que compte tant pour moi la poésie ; cette façon d’ausculter les mots syllabe à syllabe, sonorité par sonorité pour en valider le sens. D’abandonner l’idée de se servir des mots pour mettre de l’ordre, pour ranger ; plutôt espérer obtenir la mise au contact d’un bouleversement, la résurgence d’une expérience.

Aller se dépêtrer avec les thèmes de l’érotisme (mes premiers livres), de la démence (le plus récent : L’interlocutrice) m’est tombé dessus. Et pas moyen de se dérober, même si l’inquiétude est forte de réussir à s’en tirer : échapper au langage convenu, apaiser et rendre partageable là où quelque chose coupe le souffle, suffoque… Parallèlement, écrire m’apporte la sensation d’être là où je dois être, me permet de conquérir en propre un peu de cette sécurité que communément les normes garantissent – et dont je ne suis pas davantage que la plupart capable de me passer…

Et je ne me prive pas d’espérer que le plaisir, l’énergie qui circulent entre tous lors du festival de poésie contemporaine que je co-organise chaque année à Bazoches (Morvan) débordent la norme !

Un artiste peut-il être dans la norme ?

Non. Sa tâche est d’apporter du neuf. Une œuvre ne sera reçue durablement que si elle vient se poser là où il y avait un vide.

Quant à la façon de mener sa vie, tout est possible! Vivre l’expérience des marges va lester d’un matériau d’écriture inouï ; ce n’est pas indispensable, la condition humaine banale pourvoit à cette dotation :

« Se battre haut et fort, est très brave

Mais de plus nobles, – j’en sais

Qui chargent en leur sein

La Cavalerie du Malheur –

Vainquent, – et les nations ne le voient pas –  (…)

écrit Emily Dickinson – qui n’est guère sortie de chez elle… Kafka et Pessoa ont mené une vie d’employés de bureau et construit une œuvre considérable…

 

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LECTURES-RENCONTRES autour de/avec/depuis/parmi la MALADIE

Tournée littéraire dans le Pays de Mormal
Mercredi 4  octobre, à 19h, à la Bibliothèque de Landrecies

Jeudi 5  octobre, à 19h, dans la chambre d’hôtes «  Auberge de Bellevue  » à Bavay
Vendredi 6  octobre, à 19h à la Bibliothèque de Sepmeries

Réservations souhaitées auprès de Véronique Holgado  :  v.holgado@cc-paysdemormal.fr 

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