Festival Hors Limites : rencontre avec Pascale Le Corre

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Au commencement était une volonté politique de nature culturelle : coordonner les bibliothèques de Seine Saint-Denis et promouvoir la littérature contemporaine. Fondée en juin 1997, l’association Bibliothèques en Seine-Saint-Denis réunit la majorité des établissements de lecture publique du département. Créé par les bibliothèques de la Seine-Saint-Denis, les Festival Hors Limites promeut la littérature contemporaine auprès de tous les publics. Le festival prend place dans les bibliothèques, librairies, cinémas, structures culturelles de la Seine-Saint-Denis pendant 15 jours. Rencontre avec la présidente, Pascale Lecorre

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Quelles volontés, culturelles, politiques, sociales, président à la création de Hors-Limites ? 

Notre ambition est de favoriser la coopération entre les bibliothèques de Seine-Saint-Denis, de mettre en avant le travail de promotion de la littérature contemporaine effectué au quotidien par les bibliothèques et médiathèques et d’être un temps fort de la vie littéraire du département. En Seine-Saint-Denis il y a un réelle volonté de promotion de la littérature inscrite dans les politiques publique et le festival est l’une de ses incarnations. Le maillage culturel est dense sur le territoire et le festival en profite et organise des évènements également dans les théâtres, librairies, cinémas, universités… Et comme l’accès aux bibliothèques qui sont ouvertes à tous, les évènements du festival sont gratuits.

Hors Limites est un rendez-vous connu et reconnu dans le département. Osons le dire : incontournable.

Vous travaillez conjointement avec deux conseillers littéraires, pourquoi ? Comment ? 

Nous travaillons depuis plusieurs années maintenant avec Sophie Joubert et Arno Bertina. En effet si la programmation de festival émane des bibliothèques, l’échange avec Sophie Joubert, journaliste littéraire, et Arno Bertina, écrivain, permet d’affiner les choix, d’enrichir les propositions. Les bibliothécaires connaissent la littérature bien entendu. Les conseillers nous facilitent les relations avec les auteurs et les éditeurs, par ce dialogue continu nous devenons chaque année plus proches des autres acteurs du livre. Et surtout ils nous aident à maintenir une cohérence, à donner une tonalité à l’ensemble des rencontres. Hors Limites est un rendez-vous connu et reconnu dans le département. Osons le dire : incontournable.

La littérature est souvent vue comme snob ou élitiste, comment travaillez-vous pour la rendre accessible à un public plus large ? 

En travaillant dans une bibliothèque de lecture publique ! Et dans les bibliothèques non seulement nous sommes convaincus que la littérature n’est pas élitiste, mais nous avons la chance de le constater chaque jour. C’est épatant ce que les gens lisent et sont cultivés. Les idées de programmation viennent aussi parfois des lecteurs. Un auteur est une personne vivante, avec qui l’on peut parler. Il suffit de venir à une rencontre Hors Limites pour se rendre compte qu’ils sont en prise avec le réel et à l’écoute du monde et gens. Pour nous bibliothécaires, ce festival est dans la continuité des actions que nous menons toute l’année pour faire connaître et apprécier la littérature.

Au fil des années et des éditions, observez-vous un changement dans la fréquentation du festival ? 

Le public du Festival augmente mais surtout se fidélise. Désormais, Hors Limites est un rendez-vous connu et reconnu dans le département. Osons le dire : incontournable. Nous proposons plus de cent rencontres sous des formes variées et inventives, y compris avec des lycéens et des collégiens. Chacun, selon ses goûts, sa curiosité, sa disponibilité peut venir passer un bon moment. Et pour revenir à la question précédente, pas snob du tout. Je vous assure que lors d’une rencontre Hors Limites dans la bibliothèque de votre ville ou de votre quartier, vous pouvez rencontrer personnellement l’auteur invité. C’est certainement cette convivialité et cette proximité qui fidélisent aussi certains auteurs avec le festival.

© Nataniel Halberstam

 

Pensez-vous que l’avenir de la littérature soit dans son côté « vivant » et pluridisciplinaire ? 

Je ne sais pas si c’est son avenir mais c’est son présent. C’est pourquoi le festival est l’occasion pour celles et ceux qui ont aimé un texte de rencontrer son auteur, pour les curieux de découvrir des textes et l’occasion d’entendre des voix. Effectivement, au fil des rencontres, nous croisons les disciplines et les thématiques ; ce que l’on retrouve dans la littérature d’aujourd’hui.

Avez-vous observé une sorte d’effet rebond après le festival, avec une fréquentation accrue des bibliothèques et lieux culturels du département ? 

Certainement, le Festival est pour certains l’occasion de découvrir nos bibliothèques. Mais surtout, de part la richesse et la qualité de nos rencontres, il donne également une autre image des bibliothèques. Quelqu’un qui a apprécié une rencontre Hors Limites fera confiance aux autres propositions que lui fera sa bibliothèque. Et la réciproque est vraie.

Quelles sont les développements possibles, envisagés du festival Hors Limites ? 

Nous espérons qu’il continue et que sa fréquentation s’accroisse. Peut-être qu’il s’étende aux territoires voisins.

Et surtout, qu’il attire davantage l’attention, en particulier des media. La Seine-Saint-Denis est un territoire avec une identité forte, une longue histoire avec la culture et la création. Un festival littéraire qui se déploie sur un département entier pendant deux semaines qui fidélise auteurs et public, mériterait certainement un peu plus d’attention.

Quelle est votre définition idéale de la culture ? 

Par définition la culture ne s’enferme dans aucune définition. Notre souhait est de la partager.


Pascale Le Corre présidente de l’association et directrice de la médiathèque de Romainville. 

Le site des Bibliothèques de Seine Saint Denis 

Retrouvez la programmation du festival Hors Limites ici 

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