Interview : Eric Maravelias pour le Trophée Anonym’us

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Internet est fantastique :  il nous permet des langues, de tout savoir sur les ratons-laveurs, et, aussi, de découvrir, par la magie des partages et des likes, une initiative littéraire 100% virtuelle, 100% polar : le Trophée Anonym’us. Comme personne n’explique mieux un concept que son géniteur, nous avons demandé à l’écrivain Eric Maravelias de tomber le masque et nous parler de ce Trophée

eric-maraveliasLe Trophée Anonym’us, qu’est-ce que c’est ?
Des auteurs plus ou moins connus du polar Français, une grosse vingtaine à chaque fois, un nuage de non édités, quatre ou cinq, et le tout en compétition autour d’une nouvelle polar au sens large de 20.000 signes maximum.
C’est également un nombre égal d’hommes et de femmes à chaque fois. Parité, donc. 
C’est totalement virtuel, sauf en ce qui concerne la remise du prix, qui a lieu au festival des pontons flingueurs, sur le lac d’Annecy, fin juin. Tout se passe sur Facebook et c’est ouvert à tous. Le Trophée remis au vainqueur est une œuvre unique chaque année, un buste en argile fait avec mes petites mains. Toutes les nouvelles sont téléchargeables en Epub et Pdf pour tout le monde. Elles sont publiées à raison d’une par semaine, et ce, de septembre à mars.
Tout ceci s’achève donc après sept mois environ, sur un grand jeu collectif sur la toile, le KIAEKRIKOI. Une vidéo décalée pour chaque auteur et sa nouvelle. On publie la vidéo, le nom de l’auteur au-dessous, et il s’agit de deviner de quelle nouvelle il est question. Ce n’est qu’à l’issu de ce jeu que le résultat est donné. 
Enfin, le jury, 30 membres, débat et délibère sur une page privée de Facebook qui lui est dédiée. Il juge ces nouvelles de façon anonyme, et ne sait pas, lui non plus, lui surtout, ai-je envie de dire, qui a écrit quoi.Ici réside, bien entendu, tout l’intérêt de cette épreuve.
Notre parrain est Ian Manook, auteur de la desormais célèbre trilogie Mongole, avec son héros, Yeruldelgger. « Yeruldelgger », « Les temps sauvages », et « La mort nomade », le tout chez Albin Michel. Le site, sa création et sa gestion, sont l’oeuvre d’Anne Lefrançais ( Louloute ). Sans elle, il n’y aurait pas de Trophée, et je tiens ici à lui rendre un hommage plus que mérité.

Pourquoi ce concept de l’anonymat ?

Pour une raison évidente. Le nom change tout. Celui de l’auteur, ou de l’éditeur, aussi, pour les « grands prix », biaise les résultats. Surtout lorsqu’il est connu. Ainsi, pas de bisounours, pas de crainte, de retenue ou de pudeur mal placée. Juste l’écriture, le style, l’histoire. C’est une chance, pour les non édités, d’être jugé sur leur propre valeur et sans à priori, ainsi que de se confronter aux « pros ». De plus, chaque auteur a la possibilité, ensuite, d’avoir tous les commentaires du jury sur SA nouvelle, et ce, anonymement, encore une fois, sauf que, dans ce cas, c’est le nom des membres que nous ne donnons pas. Pour finir, nous n’indiquons pas publiquement la place finale exacte de chaque auteur, sauf en ce qui concerne les trois premiers. S’ils le désirent, nous leur communiquons en privé. Mais publiquement, non.

Comment vous est venue cette idée ?

J’avais fait un buste en argile, ma marotte, et posté la photo sur la toile. En plaisantant, dans les commentaires, j’ai pensé que ça ferait un beau Trophée pour un prix d’écriture. J’aime écrire des nouvelles. Ian Manook étant un ami, et connaissant de mon côté de nombreux écrivains, je lui ai proposé de participer à ce concours anonyme de nouvelles. Car c’est ce qui m’est venu à l’esprit. Il a accepté tout de suite. Fort de cet engagement, dans la foulée, j’ai contacté les premiers auteurs, ceux que j’avais rencontrés sur les salons et avec qui j’avais eu un bon contact. Tous ont dit oui. En quatre ans et 80 auteurs, nous n’avons eu que trois refus. Depuis, grace au travail de titan d’Anne, l’évènement a pris de l’ampleur, à notre plus grande surprise. Mais les maîtres mots de l’histoire restent le plaisir et l’amusement entre auteurs et lecteurs, la gratuité totale, le libre accès.

Pensez-vous que ce type d’initiative permette de découvrir de nouveaux talents, des plumes qui échappent aux éditeurs ou concours plus conventionnels ?
Oui, et j’en ai la preuve. Que ce soit des non édités ayant participé au Trophée ou des membres du jury, auteurs également pour certains, j’en compte déjà quatre qui ont signé avec un éditeur, et un cinquième très certainement à venir. Pour ne citer que lui, Philippe Hauret, par exemple, chez Jigal avec : « Je vis je meurs » et le tout récent «  Que Dieu me pardonne »

Et vous, bientôt un nouveau roman ?
Oui. J’attends septembre pour retravailler avec la directrice de collection. Mais tant que rien n’est signé…
Puis je suis sur une novella ( 100/120 pages), que l’on m’a conseillé d’étoffer pour atteindre les 200/220 pages, ce qui sied mieux aux éditeurs en matière de ventes, paraît-il. Aux lecteurs également, si j’en crois ce que j’entends. Je réfléchis. Personnellement, j’aime ce format. Resserré, fort, noir… pas sûr que j’éttoffe quoi que ce soit. Mais j’essaie quand même. Pour voir.


Le site Anonym’Us & la page Facebook pour découvrir les nouvelles !

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