[NOUVELLE] Congénital, par David Noone

CONGENITAL

par David Noone

(Traduit de l’anglais par Tara Lennart & M.Achille)

Il tira la chasse, se lava les mains, sortit et alla dans le salon. Alluma la bouilloire, s’assit sur le canapé, commença à rouler une cigarette. Il lécha la bande sur le papier, ferma la cigarette, la posa, attendit que la bouilloire fasse bouillir l’eau. ça arriva. Il se leva. Prépara le café. L’apporta jusqu’au canapé. Alluma sa cigarette.

La pièce puait. Puait encore plus depuis qu’il y était entré. Puanteur de

 – Pisse

– Tabac

 – Solitude

Les plats abandonnés dans l’évier nageaient dans le moisi et la saleté. Des tâches de sperme sur le canapé, les pantalons qu’il portait, les vêtements sur le sol, le sol lui-même, et quelques fois

il aimait rester nu,

se branler en regardant le mur et éjaculer là où sa bite pointait.

C’était sa façon d’être

Une façon.

Pas pour tout le monde

mais quelques uns.

Le plus souvent

Comme lui.

Il finit sa cigarette, bu son café, laissa l’odeur de déchetterie  du salon rejoindre l’odeur de déchetterie de sa chambre. Il s’allongea. Ouvrit son pantalon rêveusement. Sa rêverie coupée par la sonnerie du téléphone. Il décrocha, la main toujours dans le pantalon. Il écouta la voix qui posait une question. Il répondit ;

« Ouais pas de problème »

Retournant à sa rêverie il finit ce pour quoi il était allé dans sa chambre.

 

***

Il mit son manteau, sortit

dans le jour,

le jour qui était le même

que tous les autres. Il ferma la porte d’entrée.

Marcha aussi sûrement

que si le jour

le jour

qui était

comme le jour

était toujours.

Les rues étaient vides mis à part les centaines de gens qui y marchaient. Il ne les regarda pas. Il ne les regardait jamais. Les visages seraient étrangers puisqu’il ne les avait jamais vus. Il entra dans un magasin, acheta du tabac, du papier à cigarettes, a briquet. Il partit. Marcha dans les rues remplies de visages étrangers. Il s’arrêta. Commença à rouler une cigarettes. Lécha la bande sur le bord du papier à rouler. Le referma. L’alluma. Marcha encore.

Il marcha jusqu’à un autre magasin. Entra. Cette fois il acheta un stylo et un carnet. Il partit. Marcha jusqu’à ce qu’il s’arrête. Il prit le stylo et le carnet. Ecrit sur la première page. La remplit. Déchira la page. La roula en boule. La jeta. Il commença à marcher. Retourner à son appartement. Il arriva, sortit ses clés. Ouvrit la porte.

***

Dans son appartement. Il roula une autre cigarette, alluma la bouilloire, fit du café, alluma une cigarette. La fuma. Retourna dans sa chambre. Eleva son pantalon. Glissa sa main sous l’élastique. Composa un numéro familier. La voix avec la question répondit. Vient la question. IL répondit ;

« Ouais pas de problème »

FIN

David Noone est un écrivain, musicien et poète irlandais qui nous a été recommandé par mister Mark Safranko (avec qui il est en train de préparer un album).

David artur

Et pour une mise en page plus bizarre, lisez-donc la VO (mise en page de l’auteur)

Congenital/Corporeal

He flushed the toilet, rinsed his hands, turned and walked to the sitting room. Clicking on the kettle sat on his couch, began to roll a cigarette. He licked the gum on the cigarette papers edge, sealed it, put it down, waited for the kettle to boil. It did. He rose. Made the coffee. Brought it back to the couch. Lit his cigarette.

The room stank. Stank more so now he’d entered it. Stank of

– Piss

– Tobacco

–      Solitude

Dishes left in the sink replete with mould and fungi. Cum stains on the couch, the trousers he wore, the clothes on the floor, the floor itself as sometimes

he liked to stand naked,

jerk off staring at the wall and ejaculate wherever his cock was pointed.

This was his way.

A way.

Not for few

but some few.

Most likely

Like him.

He finished his cigarette, his coffee drank, left the olfactory detritus of his sitting room to the olfactory detritus of his bedroom. He lay down. Opened his trousers contemplatively. His contemplation broken by his phones ring. His hand still down his trousers as he answered. He listened for the voice with the question. He answered;

‘Yeah, no problem.’

Returning to his contemplative state he finished what he’d gone to his bedroom to do.

***

He got his coat, walked out into

the day,

the day that was the same day

as the day always was. He closed the front door. Walked as consistently

as the day,

the day

that was

as the day

always was.

The streets were empty except for the hundreds of people walking them. He didn’t look at them. He never looked. The faces would be unfamiliar as he never looked. He entered a shop, bought tobacco, cigarette papers, a lighter. He left. Walked the empty street filled with unfamiliar faces. He stopped. Began to roll a cigarette. Licked the gum at the edge of the cigarette paper. Sealed it. Lit it. Walked again.

He walked to another shop. Went inside. This time bought a pen and notebook. He left. Walked until he stopped. He took the notebook and pen. Wrote on the first page. Filled it. Ripped out the page. Crumpled it into a ball. Threw it away. He began to walk. Walk back to his flat. He got there, took out his keys. Unlocked the door.

***

Inside his flat. He rolled another cigarette, turned on the kettle, made coffee, lit the cigarette. Smoked it. Returned to his bedroom. Undid his trousers. Put his hand down the waist band. Rang a familiar number. The voice with the question came. So did the question. He answered;

‘Yeah, no problem.’

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