[CHRONIQUE] Prendre la Contre-Allée

Il y a des couleurs dans cette contre-allée, des formats originaux, pour bien distinguer les collections, un beau papier. Il y a une recherche éditoriale particulière, proche du hors-normes, même si ça veut un peu tout et rien dire, ce mot. La jolie maison d’édition lilloise distille une littérature réfléchie, axée autour de la place de l’individu, sa condition dans une société en permanente mutation. 

Ce mois-ci, Libfly et La Voie des Indés vous les font découvrir, nous en profitons pour dire tout le bien que l’on pense de deux de leurs titres récents. Lâchez le GPS, partez pour La Contre Allée…

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Ecrire une histoire d’Olivier de Solminihac

Il arrive, quand on écrit des histoires, en particulier des histoires pour les enfants, que l’on soit amené à les rencontrer, et à parler de ces histoires avec eux

S’il y a une chose parfois agaçante, quand on écrit, ce sont les « et pourquoi tu écris ? » et les « ça marche comment l’écriture ? ». ça fait deux choses, au final. Mais elles partent de la même intention : essayer de comprendre le processus créatif, essayer de décoder les tenants et es aboutissants de l’écriture. Parfois, ce sont des enfants qui demandent, mais souvent des adultes… On peut leur répondre en une poignées d’heures, trouvant des explications faramineuses et tortueuses, échafaudées au cours des trois dernières années de psychanalyse, ou on peu leur mettre ce charmant livre entre les mains. Ils n’auront qu’à suivre le fil, et choisir le « Ecrire une histoire, c’est comme… » parmi les micro histoires qui s’enchâssent pour finir par former un très beau conte, imagé, métaphorique et poétique. Une sorte de méta histoire, en fait, accessible aux enfants comme aux plus grands, qui décrit très bien ce qu’est ou n’est pas l’écriture. Car après tout, peut-on la décrire réellement ?

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Trouver un autre nom à l’amour de Nivaria Tejera

Il faudrait trouver un autre nom à l’amour et réinventer l’immortalité afin de tout rendre supportable, sans limiter la source.

Ce roman est une plongée lente, à la fois introspection et réflexion sur la question de l’amour. Du rapport entre l’individu et l’amour, du rapport à l’espace amoureux défini par l’autre, puis par son absence. L’amour, sous la plume de Nivaria Tejera, devient un mouvement, une sorte de déambulation erratique, à cheval entre l’hallucination et la mise en perspective à l’infini. L’amour, dans ce livre fresque, côtoie la mort, l’absence qui l’inscrit, le fige tout en  l’obligeant à se définir. L’amour, grand mystère de l’humanité, conserve son aura mystique et sublime, toujours magnifié par la plume délicate et d’une grande richesse poétique de Nivaria Tejera traduite par François Vallée.

Editions La Contre Allée

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