Chez Mon Libraire : Solveig & Ayla, libraires à La Nuit des Temps

Découverte sur Facebook à travers une campagne de crowdfunding bien relayée et bien organisée, la librairie La Nuit des Temps a besoin d’un coup de main pour voir le jour et se structurer de façon solide et durable. Interpellés par la démarche de Solveig Touzé et Ayla Saura, les deux jeunes femmes à l’origine de ce projets, nous les avons invitées … pour mieux vous inviter à les soutenir! 

12888568_1574850352806102_2370844830250665503_oComment êtes-vous devenu libraire ? Avez-vous un autre job à côté ?

Solveig : J’ai eu envie de devenir libraire lorsque j’avais 15 ans. Ca me semblait être le plus beau métier du monde, vu mon amour pour les livres, mais également mon amour du commerce. J’ai donc organisé mes études de manière à pouvoir réaliser ce rêve. Depuis que j’ai commencé à travailler en librairie, il y a 5 ans, je n’ai jamais eu besoin de faire un autre travail. J’ai eu la chance de travailler dans de très chouettes libraires, avec des équipes formidables qui m’ont appris tout ce que je sais.

Ayla : Alors moi j’ai un parcours totalement à l’inverse de Solveig ! J’ai d’abord fait des études de restauration, et puis suite à un ras le bol j’ai décidé de me reconvertir. Après plusieurs stages j’ai trouvé le truc qui me faisait vraiment vibrer : la librairie. Depuis donc 5 ans (nous nous sommes rencontrées durant notre année d’apprentissage) je tente de trouver du travail en librairie. Pour ça il à souvent fallu que je m’exile loin (Toulouse, Sète, Paris) mais j’ai eu la chance de travailler dans de formidables librairies.

C’est un métier surprenant

Quelles sont les particularités économiques auxquelles vous êtes actuellement soumises ?

A&S : Dans le monde du livre, certains aspects sont définis par l’état. Notamment la loi Lang, qui fixe un prix unique du livre et préserve ainsi les structures moins importantes et plus indépendantes. Comme c’est l’éditeur qui fixe le prix de son livre, les librairies sont plus ou moins logées à la même enseigne, même si beaucoup de gens pensent encore que les livres sont moins chers sur Amazon. C’est complètement faux mais ça prend du temps d’informer les gens. De plus, lors d’une création de librairie, on peut solliciter certaines aides de l’état, des subventions, des prêts (CNL, ADELC…).

J’aime la proximité avec l’objet livre autant qu’avec le client

Capture d’écran 2016-06-13 à 19.41.04Pensez-vous que le crowdfunding représente une perspective de soutien particulièrement viable pour un commerce ? Qu’avez-vous constaté en lançant votre campagne ?

A&S : Le crowdfunding ne nous semble pas l’unique solution pour soutenir ou lancer un commerce, loin de là. Nous avions dans nos proches un certain nombre de personnes qui souhaitaient soutenir le projet en donnant de petites sommes, en en parlant autour d’eux. Lancer un crowdfunding était la meilleure solution pour qu’ils puissent tous s’investir à leur échelle. Et la bonne surprise a été de voir que la plupart des contributeurs nous sont inconnus et que ce projet a pu toucher des gens au-delà de notre cercle proche. Quand les gens veulent soutenir un projet, le fait de donner pour certains aspects précis du projet (mobilier, graphiste, matériel) leur donne le sentiment de vraiment rajouter une pierre à l’édifice.

C’est un métier très complet qui demande d’avoir beaucoup de casquettes

Qu’est-ce qui vous plait dans ce métier ? Vous incite à continuer malgré les difficultés du secteur ?

Solveig : J’aime la proximité avec l’objet livre autant qu’avec le client. Conseiller quelqu’un c’est un acte très intime, on va chercher ce qui émeut, touche, questionne quelqu’un pour lui proposer un ouvrage qui pourrait lui plaire ; ce n’est pas un acte anodin. Et puis j’aime le côté défi et enquête lorsque des clients arrivent avec un livre en tête mais ne se souviennent plus du titre ni de l’auteur. Quand on finit par trouver, c’est toujours très gratifiant !

Ayla : C’est un métier surprenant. On fait toujours des milliers de choses dans la journée, on est souvent débordé et j’aime bien garder l’esprit occupé. Il est toujours très plaisant d’aider les clients à trouver le livre qui va les émouvoir et je suis toujours très touchée quand quelqu’un vient me voir, des étoiles dans les yeux pour me remercier d’un conseil, dans ces moments là je me dis que je fais le meilleur job du monde !

Que conseilleriez-vous à un passionné qui souhaite tenter de relever le défi de la librairie ?

A&S : Beaucoup de personnes ont envie de devenir libraires car ils adorent lire, malheureusement ça ne fait pas tout. On peut aimer conseiller des livres et se dire que ce métier est fait pour nous, or le conseil en librairie représente environ 10% de notre temps. Le plus souvent on fait beaucoup de manutention, on range, on est en caisse, on fait des paquets cadeaux, la poussière, le ménage… C’est un métier très complet qui demande d’avoir beaucoup de casquettes, surtout lorsque l’on décide de monter sa propre librairie. Là il faut en plus devenir comptable, commercial, agent immobilier, décorateur d’intérieur, juriste … Nous pensons que le point de départ pour tenter l’aventure de la librairie, c’est de se former, avoir un diplôme rassure toujours les employeurs, ou au moins de faire un stage long (3 mois minimum) afin d’être sûr que ce métier nous plaise dans tous ses aspects.

Quels sont vos coups de coeur du moment ?

Solveig : En ce moment je dévore la collection « raconter la vie » aux éditions du Seuil. Ce sont des textes courts qui donnent la parole à plein de catégories de personnes que l’on n’entend jamais (salariés dans les abattoirs, infirmières, femmes voilées…). J’ai également passé un super moment avec Le Fleuve des brumes, de Valerio Varesi aux éditions Agullo. C’est un roman policier qui mêle l’Histoire dans les histoires individuelles. On avance dans l’enquête au rythme du Pô en crue, c’est passionnant.

Ayla : Moi je suis en train de lire un roman chez Livre de Poche intitulé « Une bonne épouse indienne » qui parle du mariage arrangé et de la société indienne c’est vraiment poignant. J’ai aussi lu, après tout le monde je l’avoue, « Les multiples vies d’Amory Clay » de Wiliam Boyd. Un très beau portrait de femme photographe au 20ème siècle.

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