4 livres pour vérifier que « Ce n’est pas la taille qui compte » 

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Photo by Céline Haeberly on Unsplash

Petits mais costauds ces 4 livres qui ne se gênent pas pour secouer leur lecteur au fil de leurs pages. On vous l’a toujours dit, ce n’est pas la taille (du livre) qui compte, mais ce qu’il y a dedans. 

 

 

Martyrium – Richard Morgiève 

Un drôle de texte, ce récit d’une descente aux enfers écrit dans une langue à la fois baroque et trash, poétique et crue. Karine Egon raconte son horreur de la vie, son lien fasciné au sexe et à la mort, son martyre. Entre images surréalistes presque subliminales et mouvements cinématographiques, l’auteur plonge son lecteur aux frontières de la maladie mentale. Je ne suis qu’un orgasme sans mots dit l’héroïne dans sa violence permanente. On ne sort pas indemne et encore moins indifférent de la lecture de cette novella violente et intense. Editions La Dragonne

 

 

 

 

 

Cendres de Marbella – Hervé Mestron

Encore une histoire de drogue et de deal, de gangsters attachants et de projets de vie au vert après ce coup ? Oui, mais une histoire qui emporte par sa langue juste, maîtrisée, rythmée par un vocabulaire percutant jamais à côté. Un dealer intelligent raconte son quotidien, son parcours et son projet de raccrocher… Mais souvent, les affaires de ce type ne se passent pas tout à fait comme prévu et apportent rarement de bonnes surprises. Discrète, la critique sociale se lit en trame, avec une justesse et une intelligence que l’on ne lit pas souvent. Ce court roman, publié par des spécialistes de la nouvelle et de la novella made in France, mérite de figurer en bonne place au rayon des récits de gangsters bien violents et réalistes ! Editions Antidata

 

 

 

 

 

 

Les rêveries du toxicomane solitaire – Anonyme

Il est particulier ce petit pamphlet à l’écriture classique et choisie à l’extrême. On pense à un texte du 19e siècle et pourtant, il est contemporain. L’auteur, anonyme, y raconte son addiction à l’héroïne et ses conséquences dans une langue révérencieuse et laudative. Il magnifie et sublime la drogue,  chaque problème ou désagrément est transformé en avantage magique réservé à une élite à laquelle il apaprtient. C’est réussi : on admire la langue et son déploiement et on finit très vite par prendre en horreur la complaisance factice de l’auteur, qui arrive à produire un fort effet de dégoût du produit en question par ses effets de style. Editions Allia

 

 

 

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Ici bas – Stéphane Monnot. Illustrations de Robert Żytyński

Un western SF, vous en avez lu beaucoup ? Cette novella emporte ses lecteurs dans un Far-West post guerre de Sécession, avec un cow-boy ombrageux nommé Joshua Dedalus « Crackity » Jones , accompagné par son fidèle écuyer et barde Paco Picopiedra qu’il a sorti d’un fourré. En route vers son mariage avec une jolie indienne qui lui a été promise, notre cowboy ne va pas vivre un long fleuve tranquille… Heureusement que les extra-terrestres sont là au gré des parcours initiatiques ! Comme toujours avec Zinc éditions, la forme tout allongée et le fond s’allient parfaitement, bien servis par des illustrations au crayonné sauvage. On adore Zinc pour leur liberté de ton, leur joyeuse impertinence et leurs textes portés par des voix contemporaines et décalées. Zinc Editions