4 livres pour déconstruire son rapport au monde et à l’amour

Toujours, il faut questionner le monde qui nous abrite, nous malmène, parfois, nous effraie, souvent. Toujours il faut chercher à s’échapper, chercher l’inspiration qui nous portera plus haut, plus loin et nous donnera des ailes

 

Inventaire d’inventions (inventées) – Eduardo Berti, collectif Monobloque

A la fois livre objet et catalogue d’exposition, cet inventaire loufoque recense des inventions déjantées et particulièrement créatives de savants fous et de Géotrouvetou en tous genres. Dans un joyeux bazar, se mêlent des inventions issues de livres, comme le Pianococktail de Boris Vian ou le GPS sentimental d’Hervé Le Tellier, et des créations imaginées par d’autres artistes. Quelque part, ce livre est une oeuvre d’art à part entière, il plonge dans les méandres de notre imagination et nous pousse à nous projeter dans un quotidien où ces objets existeraient. Vous me suivez ? En pensant à la manière dont serait le monde avec ces inventions, nous redéfinissions notre rapport à l’espace, aux autres. Notre place dans l’univers, peut-être. Le surréalisme n’est pas mort ! Editions La Contre-Allée

 

 

Un chagrin d’amour avec le monde entier – Eric Pessan. Illustrations de Sylvie Sauvageon.

Ecrire sur l’amour, quel exercice périlleux ! Ecrire sur la rupture, quel exercice digne d’une descente de piste noire dans le brouillard. Et pourtant, quelle beauté, quelle justesse dans ce témoignage d’une vie consommée à la poursuite d’un amour idéal et d’un bonheur fuyant. Devant une caméra, une femme se livre à ceux qu’elle a aimés. Il est impossible de ne pas sentir les larmes venir, par instants, à la lecture de ces mots touchants, pudiques, universels. Porté par les illustrations colorées de Sylvie Sauvageon, le texte d’Eric Pessan se déploie et résonne au plus profond de nos souvenirs. Editions du Chemin de Fer

 

 

 

 

 

Que les étoiles contemplent mes larmes – Mary Shelley. Traduction et présentation de Constance Lacroix.

Déjà, comment ne pas sentir les larmes monter aux yeux à la lecture du titre ? Comment ne pas sentir vibrer la fibre amoureuse qui sommeille en chacun de nous, parfois fragile, parfois sereine ? De 1822 à 1844, Mary Shelley tient un Journal d’affliction, dans lequel elle laisse s’épancher la peine de la mort de son époux, Percy Bysse Shelley, noyé en mer au cours d’une tempête. On oscille entre lettres d’amour et journal de deuil, étourdi.e par la tendresse élégiaque et la tristesse sans fin qui étreignent ce jeune coeur brisé par le chagrin. Les souvenirs, les cris de désespoir, les mots d’amour, les témoignages d’impuissance… Mary Shelley ne se drape dans aucune fausse pudeur et livre l’un des plus sublimes textes romantiques. Comme cette beauté manque à notre époque… Comme il est heureux qu’une maison d’édition prenne le risque de publier un texte discret, qui attirera un public au coeur sensible ! Editions Finitude

 

 

 

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A même la peau – Anne Savelli

Il est difficile de trouver les bons mots pour parler d’un livre qui évoque le mouvement physique. La danse, le mouvement des corps et le sens des gestes

Destiné à sous-tendre une pièce de danser et à la ponctuer, un peu à la manière dont Giselle Vienne travaille avec Dennis Cooper, ce texte développe une superbe poésie incantatoire et charnelle. Anne Savelli part d’un côté du corps en mouvement, et de l’autre de la fixité de photographies. Il faut se perdre dans ces fragments qui composent les corps, les rapports de performance et de domination, se laisser porter par ce style sensoriel qui évite avec bon goût un conceptuel trop poussé. Editions publie.net